Keith Richards – Life

Je n’ai jamais été très fan des Rolling Stones. Je comprends bien l’attrait extra-musical, le symbole, l’image sulfureuse, la dimension rebelle et sexuelle… mais je les ai toujours trouvés surcotés. Je vais probablement choquer mais désolé pour moi ils n’ont jamais eu le son. Ils ont essayé de jouer le blues de Chicago. Ils ont essayé. Je dois reconnaitre que j’avais toujours sous-estimé le fait qu’en les plagiant ils avaient contribué à remettre sur le devant de la scène des artistes comme Muddy Waters ou Howlin’ Wolf qui étaient un peu tombés dans l’oubli. Cela m’a toujours énervé cette idolâtrie sans faille alors même qu’ils n’avaient rien fait de potable depuis deux décennies et qu’ils se compromettaient dans des shows tape à l’œil du plus mauvais goût. Mais c’est comme ça les médias français vivent sur des mythes, en décalage horaire permanent. C’est quand il a commencé à s’auto-parodier et bâcler le boulot que Woody Allen a été porté aux nues par la critique.

Je n’ai jamais été fan de Keith Richards, dont je connaissais peu de choses il est vrai au delà des clichés et des mythes, qu’il avait lui-même parfois un peu entretenus. Le personnage m’a toujours un peu énervé et je n’ai jamais voulu en savoir plus. Je n’ai jamais eu d’admiration pour le mythe du junkie génial. Le plaisir que j’ai eu à plonger dans Life l’autobiographie de Richards fût donc une réelle surprise. Les premiers chapitres sont passionnants et remarquablement écrits. On peut parler de littérature. On se retrouve vite plongé dans une période et un milieu passionnant, fort bien restitué par un Richards lucide et drôle. Cela dure deux cent cinquante, trois cent pages puis le style se relâche petit à petit. Cela reste captivant malgré quelques divagations répétitives sur son addiction à la drogue (comme celle d’Anita Pallenberg qui partage alors sa vie) et l’acharnement policier dont il est victime en permanence. Et puis on en arrive aux années 80 et ça se gâte. C’est bâclé et souvent ennuyeux. Comme la musique des Stones de l’époque. Ses relations tendues avec Jagger sont abordées bien sûr. Keith est direct et franc, mais vraiment pas de quoi se fâcher franchement. Les cent dernières pages font un peu mal. Keith, le guitariste de l’auto-proclamé plus grand groupe du monde se transforme en papy Keith qui nous donne sa recette des saucisses à la purée. Du grand n’importe quoi vomit à la va-vite. Dommage parce qu’avec quelques coups de machette et un peu plus d’application cette autobiographie de 700 pages aurait pu être un bel objet littéraire. Pour une bonne moitié (disons jusqu’à la fin de l’enregistrement d’Exile On Main Street) c’est un récit captivant. C’est déjà pas si mal.

 

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